Enfant en Danger

Actualités

28 Nov. 2017

La maltraitance émotionelle

Au contraire de la maltraitance physique qui est visible et bien identifiée par les professionnels de la petite enfance, la maltraitance émotionnelle, invisible, est relativement méconnue. Pourtant, son impact sur l’enfant est bien réel et désormais documenté par la recherche.

Des exemples de maltraitances émotionnelles
Sont qualifiées de maltraitances « émotionnelles » l’ensemble des violences psychologiques et verbales qui viennent induire inutilement une émotion de peur ou de honte chez l’enfant.
Exemples :

• Crier sur l’enfant, élever la voix
• Le menacer (si tu continues à mordre, je vais en parler à tes parents ce soir, je te préviens)
• L’humilier, le ridiculiser (Livio, arrête de cracher partout, c’est dégoûtant ! Puisque que tu te comportes comme un bébé, je vais te ramener chez les bébés)
• Le punir (comme tu n’arrives pas à rester calme, tu quittes la table et tu restes tout seul sur le tapis)
• Le mépriser, lui dire qu’il est un enfant « méchant », « nul », « vilain », « capricieux », « comédien »
• Accuser systématique le même enfant quand il y a un conflit
• Se moquer de lui (par exemple, se moquer de ses pleurs)
• Lui couper la parole

La maltraitance émotionnelle regroupe également l’ensemble des comportements de l’adulte qui ne répondent pas aux besoins fondamentaux de proximité physique, d’affection, de réassurance, de mouvement, d’exploration du jeune enfant.
Exemples :
• Laisser pleurer l’enfant tout seul alors que nous serions en mesure de le prendre dans les bras
• Le priver de sa tétine ou de son doudou parce que son comportement n’a pas été en adéquation avec les attentes de l’adulte
• Ne pas le rassurer quand il en manifeste le besoin

L’institution elle-même peut induire un nombre non négligeable de maltraitances émotionnelles, malgré la bonne volonté des professionnels qui y exercent. Cette violence dite « institutionnelle » peut se définir comme une maltraitance diffuse, non volontaire, causée par le dysfonctionnement de l’institution elle-même. C’est Stanislas Tomkiewicz, psychiatre et chercheur, qui a proposé ce concept dans les années 1980.
Exemples :
• Accueillir un nombre trop important d’enfants au sein d’un même espace, ce qui vient générer un stress individuel et collectif important
• Ne pas permettre à un professionnel d’être au sol sur le temps du repas pour s’occuper des enfants qui ne mangent pas et qui sont susceptibles de pleurer seuls
• Contraindre les enfants affamés à patienter derrière une barrière tandis qu’un groupe d’enfants est en train de manger sous leurs yeux
• Ne pas prévoir un nombre suffisant d’adultes pour accueillir les enfants
• Instaurer un cadre, composé de limites et d’interdits, qui va à l’encontre de leurs besoins fondamentaux (par exemple : ne jamais leur permettre de crier, de grimper, de courir, d’aller dehors, etc.)

Quel est leur impact sur le cerveau de l’enfant ?
Depuis une dizaine d’années, les recherches en neurosciences affectives et sociales permettent d’identifier, avec une précision grandissante, l’impact de ces maltraitances émotionnelles. Nous savons désormais que celles-ci peuvent avoir des conséquences sur le développement du cerveau affectif de l’enfant et notamment sur la maturation de leur Cortex-Orbito Frontal (COF). Le COF est une petite région-clé polyvalente qui favorise l’épanouissement de l’individu en société. C’est elle qui nous permet de réguler nos émotions, d’apaiser nos réactions vives, d’être en empathie, de développer notre sens moral, d’anticiper, etc.  

En 2012, Allan Schore, médecin et chercheur en sciences biocomportementales, souligne que le COF d’un enfant mature davantage lorsque son entourage est chaleureux et empathique. Au contraire, lorsque ce dernier se montre maltraitant, la maturation du COF est freinée. En 2010, Martin H. Teicher, chercheur et directeur du Programme de Recherche en biopsychiatrie développementale, a montré que les humiliations verbales infligées à l’enfant étaient susceptibles d’altérer des régions-clés du cortex préfrontal de l’enfant et d’engendrer des troubles psychiatriques, des troubles dissociatifs, de l’identité et de la personnalité. En 2013, Rebecca Waller, chercheuse en psychologie du développement à l’université d’Oxford, a synthétisé les données de 30 études portant sur les éducations strictes et sévères, reposant sur la discipline et la punition. Il a été constaté que ce type d’éducation produisait sur l’enfant l’effet inverse que celui escompté : une fois adolescents, ces enfants éduqués « à la dure » tendent à devenir insensibles, agressifs, durs, sans empathie. A fortes doses, les maltraitances émotionnelles peuvent même induire des pathologies d’ordre comportemental et psychiatrique telles que l’anxiété, la dépression, l’agressivité, etc.

Bien entendu, aucun enfant ne peut être préservé à 100% des maltraitances émotionnelles. Tout adulte qui est en contact avec les jeunes enfants a perdu un jour ou l’autre sans sang-froid et a, un jour ou l’autre, crié, laissé pleurer ou critiqué un enfant. Les adultes sont confrontés, au même titre que les enfants, à la difficulté parfois de gérer leurs propres émotions.
En ce qui concerne l’impact de ces maltraitances émotionnelles, tout est une question de dosage. Nous savons que plus ces maltraitances sont intenses et/ou répétées, plus l’impact sera probablement important sur la vie de ces adultes de demain. Bien que l’enfant ne se souvienne pas de sa petite enfance, son cerveau, quant à lui, en conserve des traces profondes positives comme négatives. La responsabilité des acteurs de la petite enfance est donc considérable.

 

source : lesprosdelapetiteenfance.fr

 

 

27 Nov. 2017

La maltraitance des enfants en france : de nouveaux chiffres

La maltraitance des enfants en france : de nouveaux chiffres

Trois ans après sa dernière enquête, L’Enfant Bleu - association qui agit depuis près de 30 ans auprès des enfants victimes de maltraitances - dresse un nouvel état des lieux de la maltraitance des enfants en France. Dans un sondage inédit mené par Harris Interactive, les Français ont été interrogés sur leur perception, mais surtout sur leur expérience personnelle de la maltraitance infantile.

Les Français et leur vécu personnel : le silence est encore de rigueur

Interrogés sur leur propre enfance, plus de 2 Français sur 10 (22%) relatent des événements assimilables à de la maltraitance (2).

  • 16% de ces victimes auto-déclarées témoignent d’une maltraitance de nature sexuelle (principalement en des attouchements surtout vécus par des jeunes filles)
  • 8% font état d’une maltraitance psychologique (menaces, insultes, humiliations)
  • 5% de violences régulières (coups)
  • 3% de négligence répétée (soins, hygiène).

68% de ces victimes déclarées font état d’une maltraitance ayant eu lieu au moins en partiedans leur propre famille.
Deux tendances lourdes apparaissent parmi ces victimes déclarées : 80% des Français déclarent ne pas avoir parlé des maltraitances vécues au moment des faits. Parmi les personnes affirmant avoir parlé de leurs maltraitances, 61% estiment que cette situation s’est arrêtée totalement ou partiellement suite au révélations.

Les Français face à la maltraitance au sein de leur entourage : entre méconnaissance et inertie

Au-delà de leur expérience personnelle, les Français estiment que la maltraitance des enfants constitue un phénomène répandu dans leur entourage direct (famille proche, amis) ou indirect (famille élargie, voisins, collègues). Ainsi, 47% estiment probable, voire certain, qu’il y ait dans leur entourage au moins une personne ayant été victime de maltraitance durant l’enfance.

 

plus d'informations sur www.enfantbleu.org

 

 


Modifié le 27/11/2017 a 15:35

13 Nov. 2017

Les enfants du monde entier victimes de violence

Un nombre stupéfiant d’enfants, parfois âgés de 12 mois seulement, sont victimes souvent vicitme de violence de la part des personnes chargées de s’occuper d’eux, alerte l’UNICEF dans un nouveau rapport publié aujourd’hui.

« Les sévices infligés aux enfants dans le monde entier sont vraiment préoccupants », déclare Cornelius Williams, Chef, Protection de l’enfance à l’UNICEF. « Des bébés sont giflés, des filles et des garçons sont contraints de se livrer à des actes sexuels, des adolescents sont assassinés au sein de leur communauté. La violence envers les enfants n’épargne personne et ne connaît aucune limite. »

La violence envers les enfants est omniprésente

Le rapport « Un visage familier : la violence dans la vie des enfants et des adolescents » s’appuie sur les données les plus récentes pour montrer que les enfants sont victimes de la violence à tous les âges et dans tous les contextes.

Violence domestique pendant la petite enfance :

  • Trois quarts (environ 300 millions) des enfants âgés de 2 à 4 ans à travers le monde sont victimes d’agressions psychologiques et/ou de punitions physiques au sein même de leur foyer, de la part des personnes qui s’occupent d’eux.
  • Près de six enfants sur dix âgés de 12 mois dans 30 pays disposant de données sur le sujet sont régulièrement victimes de discipline violente. Pour presqu’un quart des enfants de cet âge, la punition consiste à se faire secouer et près d’un sur dix est giflé ou frappé au visage, à la tête ou aux oreilles.
  • Dans le monde, un enfant de moins de 5 ans sur quatre vit avec une mère victime de violence de la part de son partenaire intime.

Violence sexuelle envers les filles et les garçons :

  • À travers le monde, environ 15 millions d’adolescentes âgées de 15 à 19 ans ont subi des rapports ou autres actes sexuels forcés au cours de leur vie.
  •  Seul 1 % des adolescentes victimes de violences sexuelles a sollicité l’aide de professionnels.
  •  En moyenne, dans les 28 pays disposant de données sur le sujet, 90 % des adolescentes ayant subi des rapports sexuels forcés ont déclaré que l’auteur du premier incident était une personne qu’elles connaissaient. D’après des données émanant de six pays, les amis et les camarades de classe ainsi que les partenaires figurent parmi les auteurs les plus fréquemment signalés de violences sexuelles contre les garçons adolescents.

Morts violentes parmi les adolescents :

  • Quelque part dans le monde, toutes les sept minutes, un adolescent est tué par un acte violent.
  • Aux États-Unis, les garçons noirs non hispaniques âgés de 10 à 19 ans ont presque 19 fois plus de risques d’être assassinés que les garçons blancs non hispaniques du même âge. Si le taux d’homicide des garçons noirs non hispaniques était le même pour l’ensemble des adolescents du pays, les États-Unis figureraient parmi les dix pays à la mortalité la plus élevée au monde.
  • En 2015, un adolescent noir non hispanique aux États-Unis avait autant de risques d’être assassiné qu’un adolescent sud-soudanais de perdre la vie dans des violences collectives dans son pays déchiré par la guerre.
  • L’Amérique latine et les Caraïbes constituent la seule région où le taux d’homicide parmi les adolescents a augmenté ; près de la moitié de la totalité des homicides d’adolescents enregistrés en 2015 ont été commis dans cette région.

 
Violence à l’école

  • La moitié (732 millions) des enfants en âge d’être scolarisés vit dans un pays où les châtiments corporels à l’école ne sont pas totalement interdits.
  • Les trois quarts des fusillades enregistrées dans des écoles au cours des 25 dernières années se sont produites aux États-Unis.

Dans chacune de ses actions, l’UNICEF met tout en œuvre pour éliminer la violence, notamment en soutenant les efforts des gouvernements pour améliorer les services apportés aux enfants touchés par la violence, en élaborant des politiques et des mesures législatives visant à protéger les enfants et en aidant les communautés, les parents et les enfants à prévenir la violence au moyen de programmes pratiques, tels que des cours de parentalité et des initiatives visant à lutter contre la violence domestique.

Mettre fin à la violence contre les enfants

Pour éliminer la violence envers les enfants, l’UNICEF appelle les gouvernements à prendre immédiatement des mesures et à appliquer le programme INSPIRE, élaboré et promu conjointement par l’OMS, l’UNICEF et le Partenariat mondial pour mettre fin à la violence envers les enfants, au moyen des stratégies suivantes, notamment :

  • en adoptant des plans d’action nationaux visant à éliminer la violence envers les enfants, qui soient convenablement coordonnés et qui incluent les autorités chargées de l’éducation, de la protection sociale, de la justice et de la santé ainsi que les communautés et les enfants ;
  • en modifiant les comportements des adultes et en traitant les facteurs qui contribuent à la violence envers les enfants, y compris les inégalités sociales et économiques, les normes sociales et culturelles qui excusent la violence, l’absence de politiques et de mesures législatives appropriées, l’insuffisance des services offerts aux victimes et des investissements limités en faveur de systèmes efficaces de prévention et de lutte contre la violence ;
  • en centrant les politiques nationales sur la réduction des comportements violents et des inégalités et sur la limitation de l’accès aux armes à feu et autres armes ;
  • en développant des services sociaux et en formant les travailleurs sociaux à fournir des orientations, des conseils et des services thérapeutiques aux enfants victimes de violence ;
  • en formant les enfants, les parents, les enseignants et les membres de la communauté à reconnaître la violence sous toutes ses formes et en leur donnant les moyens de s’exprimer et de signaler la violence en toute sécurité ;
  • en recueillant des données mieux ventilées sur la violence envers les enfants et en suivant les progrès accomplis au moyen d’un solide système de suivi et d’évaluation.
     

 source : www.unicef.fr
Vu sur: https://www.unicef.fr/contenu/espace-medias/des-millions-d-enfants-dans-le-monde-victimes-de-violences

03 Nov. 2017

Conférence H.Romano 27 octobre GAP : blessés psychiques et traumatisme

09 Oct. 2017

Syndrome du bébé secoué

 Le syndrome du bébé secoué est toujours d'actualité puisque la haute Autorité de la Santé vient de publier à nouveau ses recommandations. En lien avec la société française de médecine et de réadaptation, ils constatent que ce phénomène reste encore méconnu et qu'il est important de sensibiliser à son repérage et d'actualiser les recommandations.

Lien : Diagnostiquer les cas de bébé secoué et poursuivre la mobilisation contre les maltraitances infantiles

 

18 Sep. 2017

UNE CAMPAGNE CONTRE LES VIOLENCES VERBALES FAITES AUX ENFANTS

 

Selon les dernières statistiques réalisées par l'organisation Mémoire traumatique et victimologie, un mineur sur trois est victime de violences psychologiques. 

 

L'Observatoire de la violence éducative ordinaire (Oveo) et l'association Stop VEO - Enfance sans violences ont lancé, mardi dernier, une première campagne de sensibilisation nationale contre les violences verbales infligées aux plus jeunes.

Pour celles-ci, il ne s’agit pas de culpabiliser les parents mais de les sensibiliser aux conséquences des humiliations et des dénigrements quotidiens sur le développement psychologique de l’enfant. 

 

 


Modifié le 18/09/2017 a 15:27